CAMPAGNE FIJ DROITS D'AUTEUR
La FIJ/FEJ appelle à agir pour mettre fin aux contrats injustes
23 April 2012
SIGNEZ
LA PETITION !
Pour marquer la
Journée mondiale du droit d'auteur 2012 de ce 23 avril, la Fédération
Internationale des Journalistes (FIJ) et son bureau européen, la Fédération Européenne
des Journalistes (FEJ), se joignent aux paroliers, compositeurs, réalisateurs,
scénaristes, illustrateurs, photographes et auteurs visuels à travers l'Europe
pour lancer une campagne publique visant à mettre un terme aux pratiques
contractuelles abusives auxquelles sont confrontés les créateurs.
« A cette
occasion, nous rappelons la Recommandation de l'UNESCO concernant le
statut d'artiste (1980) et prions instamment nos gouvernements nationaux et les
partenaires sociaux de garantir ces principes socio-économiques auxquels les
journalistes ont droit." a déclaré Jim Boumelha, Président de la FIJ.
Dans une lettre
adressée aux membres du Parlement européen et de la Commission européenne, le
groupe dénonce les coercitions et les mesures contractuelles abusives imposées
aux créateurs par certains des plus grands diffuseurs européens et les sociétés
d'édition. Ils soutiennent la plainte déposée le 17 janvier par l'Alliance des
auteurs-compositeurs européens (ECSA) contre un groupe de radiodiffuseurs européens
et leurs prétendues pratiques anticoncurrentielles qui consistent en la mise en
place de pratiques coercitives et d'accords contractuels déloyaux.
« Aujourd'hui,
les auteurs sont souvent contraints de céder ou de renoncer à une partie de leurs droits d'auteurs au nom de
la liberté contractuelle et de la flexibilité», dénonce le groupe. «Cette
«flexibilité» qui permet simplement aux producteurs et aux bailleurs de fonds
d'imposer en toute impunité des contrats unilatéraux à des auteurs individuels. »
«Le système actuel est loin d'être équitable pour les créateurs», a déclaré
Arne König, président de la FEJ, «Le cas d'ECSA illustre bien l'existence d'un
problème plus profond de distorsion du marché et de concurrence déloyale ».
«Les journalistes
et les créateurs ont eux aussi besoin de commerce équitable », a déclaré M.
König. « Si les journalistes ne sont pas choisis en raison de leurs
qualifications professionnelles, mais bien sur la base de leur consentement à
renoncer à quelques uns de leurs droits (voire à tous), cela finira par avoir
un impact négatif sur la qualité de l'information qu'ils fournissent au public. »
Le groupe a averti que, si cette situation n'est pas résolue, cela affectera la
vie de millions de créateurs et mettra en danger les valeurs culturelles et
démocratiques de l'Europe. Ils exigent que les contrats d'auteur soient en
conformité avec les huit principes inaliénables des droits d'auteur.
La FEJ exhorte
l'Europe et ses décideurs à agir en instaurant des règles plus équitables qui
permettront d'augmenter le pouvoir de négociation des créateurs. La FEJ constate
qu'il n'existe actuellement aucun instrument exécutoire au niveau de l'UE qui
assure l'équité dans les accords contractuels des créateurs, ceux-ci se retrouvant
donc souvent victimes d'un marché distordu.
Signez la
pétition pour mettre fin
aux pratiques contractuelles coercitives envers les créateurs!
A propos de :
Le groupe des créateurs regroupe la Fédération Internationale/Européenne des
Journalistes (FIJ/FEJ), la Federation of European Film Directors (FERA),
la Federation of Screenwriters Europe (FSE), la European Visual
Artists (EVA), la European Composers and Songwriters Alliance (ECSA),
le European Illustrators Forum's (EIF) et Pyramide Europe.
Déclaration
conjointe de lutte contre les pratiques contractuelles coercitives
Bruxelles, 23 avril 2012
Les organisations soussignées représentent
les intérêts de milliers de
journalistes, paroliers, compositeurs, réalisateurs, scénaristes, illustrateurs
et créateurs visuels à travers l'Europe. Ensemble, nous appelons à des actions immédiates contre
les pratiques contractuelles coercitives
auxquelles font face les créateurs
en Europe.
La FEJ, FERA, FSE, EVA, EIF, IAF et Pyramide
Europe soutiennent la plainte déposée le 17 janvier par l'Alliance des auteurs-compositeurs
européens (ECSA) contre
un groupe de radiodiffuseurs européens. Nous nous
élevons contre leurs prétendues pratiques anticoncurrentielles qui veulent
la mise en place de mesures coercitives et la signature sous la contrainte d'accords
contractuels injustes.
Le cas d'ECSA illustre parfaitement un
problème plus profond auquel sont confrontés non
seulement les auteurs-compositeurs européens, mais aussi les journalistes,
les musiciens, les réalisateurs, les scénaristes, les illustrateurs
et les photographes. Tous ont déjà
été confrontés à des pratiques contractuelles coercitives qui affectent
gravement leur vie de créateur.
Nous appuyons avec force la déclaration
conjointe de la Société des auteurs
audio-visuels (ASA), la
Fédération Européenne des Réalisateurs de l'Audiovisuel (FERA) et la Fédération des
scénaristes européens (FSE) qui a été publiée le 10 avril dernier
sous l'intitulé «End
to buy outs in Europe ».
Aujourd'hui, les auteurs sont fréquemment
contraints de renoncer à une partie de leurs droits d'auteurs légaux ou de les céder au nom de la liberté contractuelle et de la
flexibilité. Cette «flexibilité» qui permet simplement aux producteurs et aux bailleurs de fonds d'imposer en toute impunité des contrats unilatéraux à des
auteurs individuels. Les créateurs sont souvent forcés d'accepter des clauses contractuelles manifestement
abusives et des conditions souvent rédigées à l'avance et qui leur
sont présentées comme « à prendre ou à laisser ». Les auteurs européens
s'entendent régulièrement dire que s'ils
ne signent pas un contrat particulier,
sans modification, ils ne seront jamais
appelé à retravailler pour l'entreprise qui le leur « offre ». Ce problème est aggravé
par la concentration du pouvoir dans les
mains de quelques grands radiodiffuseurs: dans plusieurs
cas, on distingue une situation de
monopsone - un seul acheteur
pour une catégorie entière de travailleurs. Ces contrats (dans la grande majorité signés dans des États membres de l'UE) sont injustes
et irréversibles une fois signés.
Nous considérons ces pratiques
comme une distorsion du marché et une concurrence déloyale. Si les auteurs ne sont pas choisis en raison de leurs qualifications
professionnelles, mais sur la base de leur résolution à renoncer
à quelques uns de leurs droits (voire à tous), cette
situation aura également un impact négatif sur les
consommateurs.
APPEL À AGIR - 8 principes inaliénables
dans les accords contractuels
Cette situation affecte la vie de millions de créateurs et, si on ne la
réglemente pas, mettra en danger les valeurs culturelles et démocratiques de
l'Europe.
Nous exigeons donc que les contrats d'auteur soient en conformité avec les
principes clés suivants:
- 1. Tous les créateurs reçoivent une juste compensation (c.-à-d. une rémunération équitable) pour chaque utilisation de leur travail, pendant toute la durée de leurs droits d'auteurs ;
- 2. Toute utilisation supplémentaire de leur travail doit être accompagnée d'une rémunération équitable et d'une négociation entre le créateur et la partie contractante ;
- 3. L'offre d'une commission ne doit pas dépendre des droits d'édition attribués à la partie contractante. Il est reconnu que l'octroi de l'édition est la prérogative des auteurs et que ces derniers sont libres de choisir à qui attribuer ou concéder leurs droits ;
- 4. Tous les créateurs, qu'ils soient indépendants ou employés, ont le droit de négocier collectivement avec les éditeurs, producteurs, diffuseurs ou les autres parties contractantes ;
- 5. Tout transfert légal de droits d'auteur doit être considéré comme inapplicable ;
- 6. Tout droit qui ne serait pas spécifiquement et nommément transféré doit être conservé par le créateur;
- 7. Tout droit qui n'est pas utilisé, du fait que l'éditeur, producteur, diffuseur ou une autre partie contractante ne diffuse ou n'exploite pas l'œuvre dans un délai de temps raisonnable, doit revenir à l'auteur;
- 8. Le plein respect des droits moraux énoncés dans l'article 6bis de la Convention de Berne.
Enfin, nous tenons à souligner que
les droits d'auteurs et
copyrights fournissent un filet de sécurité sans lequel les créateurs seraient
extrêmement défavorisés dans n'importe
quel environnement commercial. Le
système des droits d'auteur permet
aux créateurs d'être libérés de tout climat de favoritisme qui pourrait subvertir la
liberté d'expression.
Nous croyons fermement que les principes cités ci-dessus
sont fondamentaux afin d'assurer un
environnement équitable et durable dans lequel les créateurs pourront continuer à nourrir la culture de l'Europe et de défendre nos valeurs démocratiques.
Agissez maintenant en signant la pétition pour mettre fin à des pratiques contractuelles coercitives pour les
créateurs !
Au sujet des organisations signataires :
La Fédération
internationale des journalistes
(FIJ) est la
plus vaste organisation de journalistes au monde qui
représente plus de 600.000 journalistes
dans toute l'Europe. La FIJ se bat pour les droits sociaux et professionnels des journalistes qui
travaillent dans tous les secteurs des médias par le biais de leurs syndicats nationaux. La FIJ s'efforce
de maintenir ou de créer des
environnements dans lesquels la
qualité, l'indépendance journalistique, le
pluralisme et le travail décent dans les
médias peuvent exister.
Contact: Responsable de projets et campagnes, Yuk Lan Wong, +32 2352 226, yuklan.wong@ifj.org, www.ifj.org
Fondée en 2007, l'Alliance européenne des
compositeurs et paroliers (ESCA) regroupe
43associations de compositeurs dans
29 pays et représente environ 14.000 compositeurs et paroliers. L'objectif
principal de l'alliance est de défendre et promouvoir les droits des auteurs de
musique par tous les moyens légaux et de s'efforcer d'améliorer le
développement social et économique de la création musicale en Europe.
Contact: le secrétaire général Patrick Ager, +32 2 544 0333,
info@composeralliance.org, www.composeralliance.org
Fondée en 1980, la Fédération Européenne des
Réalisateurs de l'Audiovisuel (FERA) représente 39 associations de réalisateurs provenant de 29 pays.
Elle parle d'une voix pour 20.000
réalisateurs, en représentant leurs
intérêts culturels, créatifs et
économiques vis-à-vis des institutions
européennes et au niveau national.
Contact: Elisabeth O. FERA PDG Sjaastad, +32 2 544 0333, elisabeth.sjaastad@filmdirectors.eu, www.filmdirectors.eu
La Fédération des scénaristes européens est un réseau d'associations nationales et régionales et de syndicats de
scénaristes en Europe créée en juin 2001. En 2011, la Fédération comprenait 25
membres provenant de 19 pays, représentant plus de 7000 écrivains en Europe.
Contact: David Kavanagh, +35 386 837 1203 www.scenaristes.org
Les European
Visual Artists (EVA) sont une organisation de
gestion collective des droits de
près de 110 000 peintres,
sculpteurs, photographes, illustrateurs, designers et autres
auteurs d'œuvres visuelles en Europe. L'objectif d'EVA est de
défendre les droits des auteurs visuels
dans toute politique
et initiative de l'UE.
Contact: secrétaire général, Carola
Streul, +32 2 551 08 90, c.streul@evartists.org, www.evartists.org
Le Forum européen des Illustrateurs (FEI) a pour objectif de sauvegarder les droits des illustrateurs et de promouvoir sur le continent l'illustration à travers l'action coordonnée des associations membres au niveau local
et par une série d'initiatives
communes au niveau international. Cela a commencé
en octobre 2003 à Valence par les Premières Rencontres Transnationales. Contact: www.eif.ilustracion.info
Pyramide Europe est
l'organisation représentant les groupes de photographes, graphistes,
illustrateurs et autres artistes des arts visuels dans l'Union européenne. En
tant que Groupe européen d'intérêt économique, Pyramide Europe représente la
plupart des 15 Etats membres. Contact: www.elisanet.fi
Le Forum
International des Auteurs (IAF) est un forum pour les organisations
d'auteurs, qui leur permet de discuter de diverses questions se rapportant à
leurs propres pays et d'en savoir plus sur ce qui se fait à travers le monde.
la FEJ APPELLE A MENER UNE CAMPAGNE
contre les contrats
SPOLIATEURS des droits d’auteur
Le 21mars 2011
La
tendance croissante des organisations de médias à utiliser des contrats exigeant
des journalistes l’abandon de leurs droits d’auteur est un sujet très
préoccupant pour la Fédération européenne des journalistes (FEJ). Les récents
développements intervenus dans d'importantes organisations de médias, telles
que l’agence internationale Agence-France-Presse (AFP) et l'éditeur
allemand Bauer, montrent que les
journalistes sont confrontés à des difficultés croissantes pour préserver leurs
droits.
A
l’occasion de la journée mondiale du livre et du droit d’auteur le 23 avril, la
FEJ appelle ses syndicats membres à lancer une campagne européenne dénonçant
ces contrats spoliateurs des droits d’auteur et exigeant des rémunérations
justes pour les journalistes.
QU'EST-CE QU’UN CONTRAT
SPOLIATEUR DES droits
d’auteur ?
S’opposant aux
dispositions inscrites dans les lois nationales et internationales, ces
contrats exigent des journalistes qu’ils abandonnent tous leurs droits
d’auteurs, c’est-à-dire,
leurs droits économiques (patrimoniaux) et moraux.
Ces contrats stipulent
que les journalistes
• cèderont à l'éditeur le droit exclusif et mondial d'utiliser,
reproduire, afficher, modifier et distribuer leur œuvre sur tout type de
plate-forme, connue ou à venir;
• autoriseront l'éditeur à transférer ses œuvres à des tiers sans paiement supplémentaire à l'auteur
et à exploiter ses œuvres de quelque manière que l'éditeur juge nécessaire.
COMMENT FAIRE VALOIR LES DROITS D’AUTEURS DES JOURNALISTES?
I. Informer les journalistes sur leurs droits
Les droits
d'auteur des journalistes sont protégés par les traités internationaux et les lois
nationales. Ces droits comprennent non seulement les droits économiques sur une
œuvre mais aussi les droits moraux des auteurs.
Les droits moraux
sont garantis dans les législations nationales. Les cadres juridiques nationaux
dans la plupart des pays européens [1] reconnaissent l’inaliénabilité des
droits moraux des auteurs. Les exceptions sont le Royaume-Uni, l'Irlande et les
Pays-Bas, où les droits moraux peuvent être cédés - et les éditeurs en font
fréquemment la demande.
Les droits moraux sont définis dans les
traités internationaux et les lois nationales. L'article 6bis de la Convention
de Berne pour la protection des œuvres littéraires et artistiques prévoit
que:
…l’auteur conserve le droit de revendiquer la paternité de l’œuvre et de s’opposer à toute déformation, mutilation ou autre modification de cette œuvre ou à toute autre atteinte à la même œuvre, préjudiciables à son honneur ou à sa réputation.
II. Dites "NON" aux contrats spoliant
les droits d’auteur, défendez les conventions collectives
Les journalistes ne devraient jamais signer
de contrat incluant l’abandon des droits d’auteur. En signant ce type de contrat, ils
perdent non seulement le droit d'utiliser leurs œuvres de manière autonome,
mais aussi le droit (moral) de protéger l'intégrité de leurs œuvres.
La FEJ encourage
les syndicats membres à défendre les conventions collectives ou les contrats
types comprenant une clause sur les
droits d'auteur[2]. Cette clause stipulerait que,
1) Tous les droits d'auteur portant sur
l’œuvre doivent être conservés par les auteurs, qui conservent leurs droits exclusifs.
La licence accordée pour publication ou diffusion de l’œuvre sera limitée à la
première publication/diffusion uniquement. A défaut d’accord écrit express
convenant du contraire, la licence expire dans un certain délai [3], conformément
aux dispositions prévues par la législation nationale après la date de
livraison. Après l'expiration de la licence, l'éditeur/diffuseur ne mettra pas
les copies à disposition du public sans autorisation de l'auteur.
2) Toute modification de l'œuvre doit être
soumise à l’autorisation préalable de l'auteur.
3) La société d’édition ou de diffusion convient
que la signature suivante (nom de
l'auteur, date) accompagnera toute publication ou diffusion du matériel.
LANCEZ VOTRE CAMPAGNE NATIONALE MAINTENANT !
La FEJ appelle les
syndicats membres à lancer leur campagne nationale contre les contrats
spoliateurs des droits d’auteur lors de la Journée
mondiale du livre et du droit d’auteur, le 23 avril 2011. Cette date
célèbre chaque année la contribution faite par tous les créateurs à nos
sociétés et nous allons exiger que les
démocraties sensibles à ce message traitent le journalisme comme un bien
public, défendent les droits d’auteur des journalistes, et les récompensent
équitablement.
Actions proposées:
• Soutenez nos collègues
français en envoyant une lettre (voir modèle de lettre ci-joint) à l'AFP dans
votre pays leur demandant de retirer les
contrats spoliateurs des droits d’auteur;
• Lancez votre
campagne nationale contre les contrats spoliateurs des droits d’auteur;
• Exigez une rémunération équitable pour les journalistes et l'application de leurs droits d'auteurs;
• Diffusez le
message et formez des alliances - alertez le Secrétariat de la FEJ au sujet des
contrats spoliateurs des droits d’auteur dans votre pays et nous vous soutiendrons.
Veuillez informer le Secrétariat de la FEJ (Yuklan.wong
@ ifj.org) de votre plan d'action pour la Journée mondiale du droit d'auteur,
le 23 avril 2011.
Les informations
relatives à vos campagnes seront disponibles sur la page du site de la FEJ
dédiée aux campagnes :
http://europe.ifj.org/en/pages/efj-campaign-against-right-grabbing-contracts
Cordialement,
Le
Groupe d'experts sur les droits d’auteurs de la FIJ/FEJ
France
SNJ-CGT Lettre à AFP
Belgique
Campagne AJP - Pour une rémunération juste des droits d'auteur
- Contact
- © International Federation of Journalists . Belgium






